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Patch cellulaire dans la rétine : 1er essai français réussi !

C’est une première en France : des chercheurs ont réussi, en décembre 2017, à améliorer la vision de rats atteints de rétinite pigmentaire grâce à la greffe d’un patch cellulaire dérivé de cellules souches embryonnaires humaines. Réalisée grâce à la collaboration de plusieurs équipes de chercheurs, notamment de I-Stem - l’Institut des cellules souches pour le traitement et l’étude des maladies monogéniques -, le laboratoire créé par l’AFM-Téléthon, l’université d’Evry et l’Inserm, cette expérimentation laisse entrevoir bien des espoirs à terme pour tous les patients souffrant d’une altération de l’épithélium pigmentaire rétinien, notamment de la DMLA.

Une approche innovante : le patch cellulaire

La rétinite pigmentaire, maladie génétique dégénérative de l’œil, entraîne une altération des gènes impliqués dans le bon fonctionnement des photorécepteurs, en charge de la vision. La thérapie cellulaire a donc vocation à remplacer les cellules déficientes. Depuis 2012, des essais ont déjà été menés chez l’homme par des équipes américaines en matière de thérapie cellulaire : ceux-ci consistaient à injecter dans l’œil des cellules de l’épithélium pigmentaire rétinien mises en suspension obtenues à partir de cellules souches embryonnaires humaines. Or les résultats n’étaient pas optimaux, c’est pourquoi l’équipe de chercheurs français a eu une approche tout à fait innovante : plutôt que de transplanter des cellules en suspension, elle a d’abord constitué un patch cellulaire qu’elle a ensuite greffé dans la rétine. Avec succès puisque, après plusieurs semaines d’observation, les rats greffés présentaient une nette amélioration de leur vision. Cette expérimentation est une avancée notoire en matière de thérapie cellulaire : elle permet pour la première fois de prévenir la dégradation des photorécepteurs et donc la perte de vision. Jusqu’alors réalisées sur des rats, ces études sont actuellement en cours sur d’autres animaux, des primates notamment, dont l’anatomie de l’œil a le plus de ressemblances avec l’œil humain. Dès 2019, les premiers essais cliniques de phase I/II devraient avoir lieu chez des patients atteints de rétinite pigmentaire. A terme, cette nouvelle forme de thérapie pourra être appliquée à d’autres pathologies, notamment la DMLA, dégénérescence maculaire liée à l’âge.


Photo DR I-Stem © Karim Ben M'barek

>> Pour en savoir plus, retrouvez sur Guide-Vue.fr l’interview du Dr Goureau, membre de cette équipe et directeur de recherche Inserm à l’Institut de la Vision.

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